Tabaâmrant: J’écris mes textes moi même

Raïssa Fatima Tabaâmrant, la diva de la chanson amazighe sera présente lors de la 8ème édition du festival Timitar qui se tiendra du 22 au 25 juin à Agadir. En attendant de retrouver cette grande artiste en Live sur scène le samedi 25 Juin 2011 (Place Al Amal dès 20h00) , nous vous proposons de lire l’interview qu’elle a aimablement accordée à Sanae Taleb.

Comment rendrez-vous hommage aux Raissates ?

Fatima Tabaamrant : Je suis très heureuse de cet hommage. Je ne cache pas que je l’attendais depuis des années. Cet hommage est une distinction de la femme amazighe. C’est une preuve de réussite. La femme amazighe a pu se libérer des doctrines qui gouvernaient la société amazighe traditionnelle. La femme a imposé son existence artistique. Le chemin a été très difficile. Les choses ont changé aujourd’hui. La fille est scolarisée dans la région du Souss et cela crée toute la différence. Les filles vont à l école même dans les douars les plus éloignés.

La musique amazighe a-t-elle la place qu’elle mérite ?

Fatima Tabaamrant : Effectivement, la musique amazighe s’est largement développée ces dernières années. Ce développement a touché la musique et les rythmes. Les textes ont connu, par contre, une dépréciation. Le défi posé pour les nouvelles générations est de préserver cette qualité particulière des chants amazighs. Malheureusement, aujourd’hui, peu de troupes amazighes chantent la poésie amazighe comme nous l’avons fait pendant longtemps. Et tel que nous l’avons appris des pionniers. Ce n’est plus une chanson engagée. Les interprètes de la chanson amazighe oublient, qu’avant tout, l’artiste est une école. J’aimerais ici donner l’exemple, de feu Lahsen Boufertal qui vient de nous quitter. Ce grand homme de la troupe Izenzaren est un parfait témoignage du rôle que doit jouer un artiste. Il été le guide d’une révolution intellectuelle chantée au milieu des années 70.

Quel est le rôle joué par les Raïssates dans la protection de la musique amazighe ?

Fatima Tabaamrant : Les Raïssates sont les mères protectrices de la poésie et de la musique amazighes. Mais au départ c’étaient des Raïs qui nous ont donné un coup de main. Ainsi Haj Abdallah Ben Driss m’a fait entrer dans le monde de la musique.
Haj Mohamed Demsiri m’a beaucoup encouragée.
Fatima Tihihit Moujahid (Tihihit Mqorn) m’a appris comment choisir avec une grande précision les paroles chantées.

Au début des années 80 quand j’ai débuté ma carrière, les Raïssates n’écrivaient pas les textes. J’ai été la première à écrire mes propres textes. Les Raïssates sont les garantes d’une culture. Si on ne considère que l’aspect vestimentaire. Ce yezzar, machbouh, et tanouzza sont les traits de toute une culture.

Pensez-vous que faire de l’amazigh une langue nationale développera les arts amazighs ?

Fatima Tabaamrant : Les Marocains sont tous des Amazighs. Qui doute de cette donnée ne voit pas une réalité historique, les Arabes et les Amazighs constituent l’être marocain musulman. Comment peut-on imaginer le développement de la chanson sans le développement de la langue ?

 


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